Motivation et réussite scolaire

A. LIEURY & F. FENOUILLET, Motivation et réussite scolaire, DUNOD, Paris, 2013.

 

Ceci est un résumé, une fiche de lecture qui tente de reprendre l'essentiel d'un livre qui compte environ 180 pages.

 

En travaux

 

I - Les motivations

 

La motivation est une force interne qui a des déterminants internes et externes.

Les besoins sont à la source de toutes les motivations, besoins biologiques (faim) ou psychologiques (reposant sur la satisfaction).

La motivation est multiple, c'est une pyramide de besoins en intéraction.

Selon J. Panksepp, il existe 7 grands systèmes motivationnels-émotifs :

        - Le système d'exploration, de recherche et le système de récompense : nourriture, argent.

        - La colère

        - La peur :  réaction, la fuite ou l'immobilisme

        - La tendresse ou la détresse

        - Le désir sexuel

        - L'instinct nourricier

        - Le jeu et la joie.

 

Les compliments et les réprimandes agissent selon la loi de Hull ou loi du renforcement : carotte et bâton. Les renforcements positifs (compliments) accélèrent l'apprentissage à l'inverse des renforcements négatifs (ignorer un élève par exemple). Les renforcements négatifs (vous êtes nuls) sont générateurs de peurs et de stress.

L'effet Crespi : l'enfant gâté devient blasé. Habituer l'élève à des récompenses excessives conduit à casser la motivation car il n'est pas possible de donner des récompenses encore plus fortes. Le niveau de récompense doit correspondre au niveau de difficulté et au niveau scolaire.

L'Homme est capable d'anticiper le renforcement sans pour autant jamais le recevoir (effet loto, capacité à anticiper les renforcements possibles). les petits enfants ont besoin de récompenses concrètes à intervalle rapproché (bons points), les grands peuvent attendre des récompenses très éloignées dans le temps en les anticipant pour créer la motivation.

 

II - Motivation extrinsèque et motivation intrinsèque

 

 Les motivations extrinsèques sont régis par les renforcements, les motivations intrinsèques (curiosité) n'auraient de but que l'intérêt pour l'activité en elle même. Les récompenses diminuent la motivation intrinséque, la personne n'effectue plus la tâche pour la satisfaction qu'il peut en retirer mais pour des motifs extrinsèques.

L'addition de contraintes (surveillance, temps limite...) fait baisser la motivation intrinsèque mais dire "allez plus vite" ne la baisse pas. La motivation intrinsèque est diminuée par la contrainte sur l'autonomie de l'individu (récompense monétaire, prix, surveillance, temps limite...). le besoin d'autonomie est un puissant ressort de la motivation intrinsèque.

Dans la motivation extrinsèque, la personne effectue une activité pour en recevoir quelque chose de plaisant ou pour éviter quelque chose de déplaisant.

Un individu n'est pas motivé quand il ne perçoit pas de relation entre ses actions et les résultats obtenus. A l'inverse la motivation intrinsèque extrême vient du sentiment de relation parfaite entre action et résultat. Les individus intrinsèquement motivés attribuent la cause de leur activité à eux même, ils se disent intéressés par l'activité, sont autodéterminés. Les individus extrinsèquement motivés se sentent moins autodéterminés. C'est ce qui explique la baisse de la motivation intrinsèque quand il y a récompense et contrainte.

L'autonomie est un besoin fondamental de l'Homme. Tout ce qui favorise l'autodétermination et l'estime de soi est à conseiller. Ce qui  tue la motivation c'est la contrainte. Ce qui est à proscrire c'est ce qui nuit à la personne, la baisse de la sensation de compétence et de l'impression de libre arbitre. Plus la motivation extrinsèque est contrôlée et contrainte plus la perte de motivation approche.

Selon S. Harter, l'école étouffe la motivation intrinsèque et oriente vers la dépendance vis à vis du professeur.

 

III - L'apprentissage du découragement

 

 La résignation arrive quand la personne ne perçoit plus de relation entre ce qu'il fait et les résultats de son action.

Toute présentation confuse, complexe, technique, a de grandes chances de créer ou aggraver le découragement.

La demande excessive par l'enseignant augmente les disparités entre élèves. La surcharge ralentit l'apprentissage, plus on ajoute de notions, moins l'apprentissage moyen de la classe est rapide.

Beaucoup de comportements d'élèves s'expliquent par la résignation apprise (passivité, dépression...) : état dans lequel l'organisme a appris consciemment ou inconsciemment que les résultats sont incontrôlables ce qui induit une passivité face aux événements négatifs rencontrés. Il y a résignation quand le choc reçu passe pour incontrôlable par sa propre action.

La résignation apprise est stables dans le temps.

Les causes externes attribuées à l'échec (le prof est nul...) sont une protection.

Une pédagogie de la valorisation ne peut se faire qu'en déconstruisant la hiérarchie entre les matières afin que l'échec dans certaines matières ait un retentissement moins grand et que la réussite dans d'autres soit valorisée et vienne compenser.

 

IV - Estime de soi et sentiment d'efficacité

 

 Théorie du sentiment d'efficacité personnelle (SEP) de Bandura : Du fait de ses capacités de représentations mentales, l'individu est capable d'anticiper des satisfactions provenant de ses réussites ou de ses échecs. Le ressort de la motivation serait donc de se fixer un but par rapport à un standard personnel. L'intervalle à combler déclenche une motivation et la connaissance des résultats constitue l'anticipation du renforcement : c'est le SEP.

 Mentalement satisfait (SEP) l'enfant va se fixer des défis de plus en plus importants. Le SEP est plus efficient si l'on se donne un but proche sensé permettre une meilleure comparaison avec ses standards.

Selon Locke, le niveau d'effort sur une tâche est largement tributaire du but que le sujet se fixe consciemment. La consigne "faites de votre mieux" est un but vague et inopérant.

Les buts difficiles à atteindre mènent à une meilleure performance. Un but spécifique et compétitif amène à de meilleurs résultats qu'un but vague. Le but est un mécanisme ayant un impact motivationnel, il dirige l'attention et l'action, il influe sur le développement de stratégies qui vont permettre d'atteindre ce but. Avoir un but et la connaissance des résultats augmentent la performance.

 La croyance relative en la capacité à réguler ses propres apprentissages et à maîtriser différents doamines scolaires affecte le niveau de motivation et de réussite scolaire. Le SEP est un bon prédicteur de leur réussite.

 

V - Le besoin d'autonomie et la théorie de l'évaluation cognitive

 

 Selon DECI et RYAN, la résignation apprise ou amotivation correspond à une absence d'autonomie, c'est une absence d'intention d'agir. Ils pensent que le sentiment d'autonomie est modulé par le besoin de compétence perçue (ressemblant au SEP) et le besoin d'appartenance sociale jouant un rôle de catalyseur pour permettre une augmentation du sentiment d'autonomie.

La motivation extrinsèque peut être très puissante mais elle s'arrête avec l'arrêt du renforcement (récompense, salaire...).Dans la motivation intrinsèque le plaisir engendre la persévérance. Valoriser la motivation intrinsèque est préférable pour obtenir des comportements plus persévérants et des attitudes coopératives. Il faut donc minimiser l'évaluation sociale, la compétition. Les décrocheurs présentent la motivation intrinsèque la plus faible et l'amotivation la plus élevée. Les raccrocheurs reprenant leurs études présentent de heuts niveaux de motivation intrinsèque, de compétence perçue et d'autodétermination.

Une bonne note agit comme une récompense et informe que l'élève est compétent ou qu'il a trouvé la solution. Un résultta négatif peut être utile car informatif, une erreur peut rapprocher de la solution finale, mais elle ne doit pas être connotée négativement car elle n'aurait que l'aspect de contrôle (et non d'information) et baissera la motivation comme un renforcement négatif.

Les enseignants dont le style est plus informatif (montrer le type d'erreur...) ont tendance à améliorer la motivation intrinsèque et l'estime de soi des élèves. les enseignants plus contrôlants (punir les devoirs mal faits...) ont tendance à causer une baisse de la motivation intrinsèque et de la compétence perçue. Le style contrôlant diminue l'autonomie, le temps que le professeur passe à parler est deux fois plus important avec plus de directives mais moins de résolution par l'élève seul. Il formule plus de critiques ce qui est problématique pour l'estime de soi des élèves. Les classes à examen génèrent beaucoup de style contrôlant.

Le coaching favorable à l'autonomie conduit à une motivation intrinsèque facilitant la persistance à l'inverse du coaching contrôlant qui conduit plus à l'abandon.

 

VI - Compétence et auto-détermination